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Pour toute entreprise le Cloud est hybride dans 100% des cas

Ce court post pour partager un point de vue qui a tendance à être oublié dans cette période de montée en charge du Cloud et de l’utilisation de ses multiples formes. Un bref rappel de quelques points et définitions, difficultés à cerner les bonnes données … et nous arriverons à cette conclusion que l’hybride est la règle.

La définition et les caractéristiques essentielles du Cloud

Elle est très simple avec, comme on pourrait dire en mathématiques, trois conditions nécessaires et suffisantes :

  • facturation à la demande ou à la consommation,
  • variation forte et rapide possible de la cette demande
  • accessibilité mondiale depuis n’importe quel point de connexion internet et depuis n’importe quel appareil pour utiliser les services proposés.

Les définitions « verticales » du Cloud

Définition verticale du Cloud

SaaS : mise à disposition via Internet d’applications informatiques et ce par abonnement à l’heure, au mois ou autres périodes mais sans achat de licence annuelle comme c’est l’habitude avec des applications « non Cloud ». C’est la partie la plus visible et la plus utilisée du Cloud, comme un iceberg sortant de l’eau ou un nuage qui émergerait … d’une mer de nuages.

PaaS : c’est la mise à disposition d’un environnement de développement et d’exploitation de logiciels. Le PaaS regroupe donc la partie développeur et système du Cloud Computing. Cette plateforme intègre de multiples fonctions de bases pour que le développeur n’ait pas à les recréer (gestion d’identité des utilisateurs par exemple).

IaaS : c’est la couche la plus basse du Cloud. C’est une infrastructure matérielle configurée pour fabriquer différents types de stockage et de machines virtuelles qui vont être proposés aux utilisateurs avec différents choix possibles comme des OS (systèmes d’exploitation).

Les définitions horizontales du Cloud

Private Cloud ou Cloud privé

Je reprendrai la définition donnée par la société Tasker en y ajoutant la virtualisation qui semble essentielle : solution d’hébergement « virtualisée » dans laquelle l’infrastructure utilisée est dédiée à une seule organisation. Une sous partie de ce Cloud privé est le Virtual Private Cloud (Cloud virtuel privé) quand ce Cloud privé est à l’extérieur de l’entreprise comme par exemple dans un espace privé chez un hébergeur ou un spécialiste d’infogérance.

Public Cloud

Les services proposés (stockages et machines virtuelles) sont accessibles via internet à tous.

Les difficultés de chiffrage précis du Cloud

Le domaine étant pour le moins récent, les définitions données ci-dessus ne sont pas totalement entrées dans les mœurs et posent de solides problèmes de comptage qui rendent les études assez divergentes les unes avec les autres et perplexes les utilisateurs potentiels. Quelques exemples de phrases fausses pour illustrer ce propos :

« Le taux d’adoption du Cloud en France parmi les Grandes Entreprises est de 60% ».

Plusieurs questions méthodologiques se posent : qu’est-ce qu’une grande entreprise est la première (CAC 40, SBF 150, siège ou somme de tous les établissements,) ?

Une bonne méthode serait de demander le taux de virtualisation de l’ensemble de l’infrastructure mais celle-ci n’a pas encore émergé comme un indice solide et mesuré pour toutes les entreprises. Pourtant clé au vu de l’impact durable et visible du Cloud pour l’entreprise qui a compris toute ses utilités.

« Le marché du Cloud est de deux milliards d’euros »

A nouveau, problématique de définition très conséquente au travers notamment de plusieurs biais parmi bien d’autres.

  • Le premier est la prise en compte ou pas de la définition générale du Cloud donnée ci-dessus : parle-t-on de Cloud réellement à le demande ? Parle-t-on bien d’un Cloud qui réagit vite à une augmentation de demande ? Car s’il faut 45 minutes pour instancié une nouvelle VM, on est loin des standards de réactivité habituelle pour suivre une demande issue d’un site internet par exemple à la suite d’un passage ou d’une interview au 20heures.
  • Le second est le « double counting » et la difficulté d’attribution à chaque catégorie du Cloud auquel on arrive assez rapidement en faisant la somme de toutes les déclarations. Exemple d’un utilisateur de SalesForce : quelle part mettre en SaaS et quelle part mettre en IaaS ? 40% en SaaS, 60% en IaaS. Pareil pour Gmail surtout avec l’intégration de plus en plus forte avec Google Drive … Comment traiter l’arrivée de Netflix ou plus prosaïquement de la VOD ou simplement de la fonction recorder sur les box : 10% de SaaS et 90% de IaaS ?
  • Le troisième est la non prise en compte du « shadow IT » ou informatique caché ou underground de l’entreprise. Ce sont toutes les dépenses informatiques qui sont faites en dehors de l’ombrelle officielle des services informatiques de l’entreprise. Ce qui passe par note de frais notamment ou par abonnement avec des cartes sociétés en direct sur internet. Le chiffrage pour la France uniquement est de 1,7 milliards d’euros, à comparer avec les environ 40 milliards de dépenses IT en France. Les sociétés qui ont estimés ces chiffres le précise : une grande partie est due à l’émergence du Cloud et de la vente en ligne de toutes ces nouvelles applications.

Le cloud d’une entreprise est hybride dans 100% des cas

C’est presque une boutade comme « 100% des gagnants ont tenté leur chance ». Et comme elle, elle est vraie.

Il suffit pour cela de compulser quelques études et de parler à quelques utilisateurs et responsables informatiques d’entreprise. Les frontières s’estompent de plus en plus entre les définitions données ci-dessus mais une certitude émerge, c’est que le Cloud de l’entreprise est hybride dans 100% des cas. Soyons clair ce n’est pas de l’hybride tel qu’on peut le rêver avec une connexion entre les différents Clouds ou systèmes. C’est simplement la cohabitation de systèmes différents.

Pour schématiser, la représentation des différentes courbes de cette hybridation est la suivante :

Courbe d'hybridation

La courbe A est celle des puristes, à un moment donné la décision a été prise de basculer dans le cloud est le mouvement s’est fait très vite, une journée ou quelques jours pour une petite entreprise de 10 personnes qui migre sa messagerie et sa comptabilité. Mais pourtant quelques logiciels vont rester sur les PC ou tablettes (pensez à de vieillissantes versions de Powerpoint ou Word). Hybride à 100% avec un mix 5% d’IT propriétaire et 95% de Cloud public)

La courbe B est celle des testeurs avec un premier pied dans l’eau puis quelques autres projets qui se succèdent pour finir à un niveau d’équilibre entre par exemple des applications critiques gardées en interne et en revanche une utilisation massive du Cloud public pour toutes les autres applications.

Les courbes de type C sont celles que vont suivre les grandes entreprises avec une moyenne de la migration progressive de tous les services dans l’entreprise. C1 est la courbe d’une adoption résolue et rapide, C2 représente une adoption plus lente, C3 est très lent (on peut penser à un grand organisme public) avec une volonté de faire durer des licences le plus longtemps possible. Là encore pour ces trois typologies d’entreprise, le Cloud sera hybride, avec des définitions différentes, pour être en ligne avec le début de ce post ; )

Et le crédo de Cloudwatt est tellement fort que les équipes ont participé à l’élaboration et au lancement de l’offre Plug2watt qui est la première offre packagée française de Cloud hybride. La première marche devient beaucoup plus simple pour les PME françaises. Plus d’informations ? Le communiqué de presse de Plug2watt est là ! Télécharger ici

Crédits

Photo : Rita Willaert - http://www.flickr.com/photos/rietje/76567747/