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Le Cloud souverain n’est pas un bouclier mais votre meilleure arme

Le Cloud souverain n’est pas un IaaS au service d’une administration. Fidèle à la définition de la souveraineté numérique, c’est à dire une démarche citoyenne caractérisée par une volonté de transparence, le Cloud souverain est un véritable atout pour tous les acteurs de l’économie numérique.

La souveraineté serait-elle redevenue un mot en vogue, à l’aube de nouvelles inclinaisons protectionnistes des gouvernements ? Elle a assurément la cote dans le domaine des télécommunications et de l’informatique où les termes « cyber-balkanisation », « splinternet » et « Euronet » sont au cœur de débats passionnés et alimentés par les révélations de l’affaire Snowden. Toutefois, il est légitime de se demander si la souveraineté numérique garde son sens avec la fragmentation de l’Internet en plusieurs espaces de tailles variables (état, organisation, continent) dont les échanges seraient intégralement cryptés et où les utilisateurs seraient contraints à utiliser des outils alternatifs aux logiciels américains.

La souveraineté numérique est autant une question de localisation des données que d’attitude des utilisateurs.

La « souveraineté numérique » c’est un combat pour reprendre le contrôle sur nos données personnelles, porté par certaines personnalités tel que Edouard Geffray (secrétaire général de la CNIL). C’est également une notion mal définie qui porte historiquement en elle un caractère géographique. Enfin c’est une prise de conscience collective car nulle volonté gouvernementale ne viendra reconquérir la maitrise de nos données si elle ne s’accompagne pas d’un mouvement démocratique qui n’a d’autres fondements que la liberté. Ce n’est donc pas un simple débat sur la localisation des données mais également sur la détermination des utilisateurs à être vigilant et à avoir une utilisation réfléchie de l’Internet.

La fragmentation de l’Internet serait un désastre économique pour les pays souhaitant sortir de l’unité du réseau

Il s’agit, ici, de dépasser la tentation du protectionnisme et de ne pas fantasmer la fragmentation de l’Internet comme la meilleure approche de la souveraineté numérique. Certes, réintroduire des frontières à l’Internet est une idée séduisante pour qui aspire à une protection totale des données. Toutefois, remettre en question l’unité de l’Internet et du DNS serait catastrophique pour l’économie des pays faisant ce choix drastique. Une récente étude du Boston Consulting Group Greasing the Wheels of the Internet Economy révèle, à travers l’analyse des facteurs d’inhibition du développement de l’Internet (e-friction), que la fragmentation de l’Internet et l’isolement numérique de certains pays pourrait coûter jusqu’à 2,5% de PNB aux Etats concernés.

Souverain (adj) : 1. Qui, dans sa catégorie, atteint le plus haut degré de qualité. 2. Se dit d’un contrôle ou pouvoir qui n’est limité par aucun autre

Se dessine alors une définition plus claire de la souveraineté numérique. Loin de la tendance protectionniste qui veut faire de la maitrise des données une bataille géographique, la souveraineté numérique est davantage une démarche responsable qui s’accorde avec les rouages de l’Internet actuel et caractérisée par une volonté de transparence. Dans cette optique, un Cloud dit souverain n’est pas un outil de protectionnisme étatique. C’est un Cloud qui garantit à ses utilisateurs la maitrise totale de leurs données à travers un engagement de transparence concernant la localisation des données, la réversibilité, l’audit des infrastructures et logiciels, les contrats et la facturation. C’est également un moteur pour des initiatives citoyennes et votre meilleur atout pour vous imposer dans l’économie numérique d’aujourd’hui.

Vincent Birukoff

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