Blog Cloudwatt

Qu'est ce que le Green IT appliqué au cloud?

Apparu au sein du monde des systèmes d’informations il y a une dizaine d’années, le terme Green IT englobe les économies d’énergie de tous types faits par les entreprises (en eau, électricité et gaz) dans le cadre de leur exercice. Appliqué au Cloud, le Green IT est surtout porté sur les data centers, très coûteux en énergie puisqu’il faut les alimenter mais également les refroidir.

En comptant environ 8 millions de data centers à travers le monde – dont les data centers intégrés aux entreprises - Greenpeace a estimé qu’en 2020 la consommation en énergie des data centers pourrait être équivalente à celle de la France, l’Allemagne, le Brésil et le Canada réunis.

Les énergies renouvelables à l’honneur

Les entreprises du secteur du cloud se tournent peu à peu vers de nouvelles solutions basées sur des énergies renouvelables (éoliennes, solaires ou hydrauliques) pour alimenter leurs data centers. Si la plupart des data centers sont historiquement situés aux Etats-Unis, les géants du cloud ont maintenant tendance à investir de nouveaux endroits pour implanter leurs data centers, prenant en compte les conditions climatiques des pays. C’est ainsi que l’on voit des pays comme le Québec, la Suède, l’Irlande, ou encore l’Islande devenir les lieux de prédilection d’entreprises comme Facebook, Amazon, Ericsson et d’autres. L’Islande est par exemple située sur une île volcanique favorable à la production d’électricité géothermique ce qui lui permet, en complétant avec l’énergie hydraulique, de produire 100 % de son électricité. Le pays a notamment accueilli en 2012 un data center de Verne Global qui profite de ces énergies renouvelables, mais également du climat. Avec des températures relativement stables de 15°C maximum, ce dernier est plus que favorable au refroidissement des data centers. Le datacenter utilise le free-cooling pour le refroidissement des infrastructures, un procédé qui consiste à utiliser l’air extérieur ou l’eau pour refroidir les datacenters. Proche de cette technologie, le «Dynamic Smart Cooling», auquel HP a apporté une importante contribution pour la coordination du système, permet aux data centers d’adapter leur refroidissement en fonction des variations de températures extérieures pour limiter la consommation d’énergie.

De nouvelles stratégies pour des data centers «green»

Facebook a commencé à construire ses propres data centers à partir 2010 aux Etats-Unis, puis a décidé d’en implanter en Europe dès 2013. Après la Suède et l’Irlande, c’est au Danemark que la société vient de lancer la construction d’un nouveau data center. Si cette décision est tout d’abord stratégique par rapport aux lois sur les données privées, Facebook y voit également un intérêt pour sa reconversion vers les énergies renouvelables. Pour l’implantation du data center irlandais, la ville de Clonee en Irlande n’a pas été choisie au hasard par Facebook : cette dernière est en effet connue pour son climat venteux qui favorise l’utilisation d’éoliennes pour produire de l’énergie. D’ici 2018, Facebook a pour objectif d’alimenter ce data center à 50% à partir d’énergies renouvelables pour atteindre, à terme, un data center alimenté à 100% par les énergies renouvelables. De plus, les data centers de Facebook utilisent des technologies provenant de l’Open Compute Project, dont le but est de standardiser et de mettre en commun des techniques de conception avec d’autres opérateurs pour rendre les data centers plus performants et donc économiques.

Depuis le printemps 2016, Microsoft a également exprimé sa volonté de développer l’utilisation d’éoliennes, de centrales solaires et de barrages hydrauliques pour alimenter ses data centers. A la mi-2016, ce taux d’utilisation atteignait environ 44% avec un objectif de 50% pour 2018 à l’instar de Facebook et une volonté de dépasser 60% à la décennie prochaine. La firme travaillerait également sur des data centers sous-marins potentiellement alimentés par des parcs éoliens offshore, cependant aucune information à ce sujet n’a encore été officiellement dévoilée à ce jour.

Salesforce suit également le mouvement en signant un contrat de 12 ans avec une ferme d’éoliennes située en Virginie occidentale aux Etats-Unis, ce parc devrait générer depuis fin 2016 environ 125 000 mégawatts/an ce qui est plus que la consommation électrique annuelle de Salesforce en 2015. Il est pour l’entreprise un moyen de faire fonctionner, à terme, ses data centers avec 100 % d’énergies renouvelables comme elle l’a promis.

Vers de nouvelles solutions durables

En France, l’entreprise Webaxys a crée l’un des data centers les plus «green» d’Europe en partenariat avec Nissan et Eaton, mais également grâce aux financements de la commission européenne, du FMR 76 et de l’Ademe. La plupart de l’énergie utilisée par un data center étant perdue, notamment sous forme de chaleur, l’idée de Webaxys a été d’utiliser de vieilles batteries de voitures fournies par Nissan pour stocker l’énergie non utilisée. La chaleur émise est également utilisée pour chauffer les bureaux des entreprises voisines.

Avec un soutien à hauteur de 120 000 euros de l’Ademe, AirFrance a lancé la rénovation d’un data center de 1000m² par APL en 2014. Ce projet a débouché sur la création d’un data center avec une capacité proche du Tier 4 et fournissant également la chaleur nécessaire pour chauffer environ 8500m² de bureaux. Depuis 2016, ce data center permet à AirFrance de réduire sa consommation d’électricité annuelle d’environ 2%.


img



Reste désormais à être sûr que ces réalisations n’ont pas avant tout un but marketing en servant l’image de l’entreprise plus qu’en faisant de réelles économies d’énergies polluantes. En effet, le champs de panneaux solaires d’Apple, si ces panneaux sont produits en Chine et ensuite transportés, n’est peut être pas si bénéfique en matière d’économies d’énergie et d’impact sur l’environnement que l’entreprise le prétend.